Procédures à adopter vis à vis du traitement d'eau en cas de catastrophe
Dr
Céline Granolleras Néphrologue,CHU
Nîmes
Procedures à adopter vis a vis du traitement d’eau en cas de catastrophe
Lorsqu’une catastrophe « naturelle » se produit ( tempête, inondation, neige..) et que le centre ne peut plus assurer la dialyse, plusieurs éléments sont à prendre en compte : le malade ne peut se sortir de chez lui, les communications sont coupées, le centre ne peut assurer la dialyse, les secours sont débordés, les soignants sont coincés chez eux ou à l ’hôpital depuis 24h et le malade qui a réussi à venir ne peut retourner chez lui.
Si la dialyse est encore possible,
la décision dépend du néphrologue et du technicien avec
l’aide du distributeur d’eau potable.
Le technicien sur place veille à assurer les meilleures conditions de
dialyse possibles : contrôle le groupe électrogène, contrôle
des pressions sur les filtres, tests au chlore, changement systématique
des filtres du traitement d ’eau, changement filtres des générateurs..
Plus tard, lorsque l’eau est à nouveau normalement distribuée,
le technicien vérifie la turbidité de l’eau et continue
à changer les filtres jusqu’à normalité, contrôle
paramètres de l’osmoseur , contrôle le chlore.
La logistique est du ressort du cadre, qui vérifie le personnel disponible,
fait le relais entre les malades et le néphrologue.
Dans tous les cas si la dialyse reste possible il est préférable
d’utiliser des membranes basse perméabilité.
Si la dialyse
est impossible :
• le néphrologue :
Trie les malades en fonction de leurs habitudes -poids et potassium - et décide
de l ’urgence de dialyse
Contacte les centres voisins pour fixer les possibilités de repli
Intervient auprès des secours pour qu’ils récupèrent
les patients à dialyser
Centralise les informations sur les patients
• Le cadre
Essaie de joindre les patients pour leur fixer le centre de dialyse de repli
ou bien le report de la dialyse
S ’informe des conditions de circulation routière au PC de crise
Cherche les repas, des places d ’accueil pour ceux qui ne peuvent rentrer
chez eux
Règle les formalités administratives si le personnel doit se déplacer
dans un centre voisin
• La secrétaire
Essaie de joindre les transporteurs
Répond aux patients qui appellent
• Le technicien
Protége le traitement d’eau (si possible ne pas introduire d’eau
boueuse dans les filtres, mettre groupe électrogène à l’abri…)
S’assure du concentré (les cuves de concentré en vrac sont
parfois dans les sous-sols, zones les plus fragiles
Prépare le retour de l’eau qui va être
boueuse : changer les filtres 10 et 1µ tous les jours (en avoir en stock)
chlorée: test au chlore +++,
changer les filtres à charbon tous le jours
Quelles
sont les consignes à donner par avance ?
• Le personnel: se mobiliser pour atteindre le centre de dialyse
• les transporteurs: se mobiliser pour amener les patients au centre
• les patients: prendre du kayexalate (s’assurer que chaque patient
dispose à son domicile d’une boîte de kayexalate)
• relations avec les distributeurs d ’eau : il est important d’avoir
établi au préalable ces liens avec les distributeurs d’eau,
en effet en cas de coupure d’eau, le distributeur est à même
de prévenir et d’informer sur la qualité de l’eau
au retour, voire de favoriser l’alimentation de la structure si cela lui
est possible
• L ’institution:
• les numéros de téléphone du personnel doivent être
sur papier (panne électrique et informatique)
• des procédures écrites doivent être accessibles
afin que d’autres personnes puissent intervenir en l’absence du
technicien
En conclusion, l’impossibilité technique de faire la dialyse n ’est pas le seul problème lors des catastrophes naturelles, les problèmes logistiques sont aussi au premier plan. Il faut penser aussi que le retour à la normale est un moment critique pendant lequel il faut augmenter la surveillance du traitement d’eau.
Journal
de l'Association des Techniciens de Dialyse
Copyright ATD Infos - N°25 - 2005
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